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You're my despair, my greatest sorrow [Pv]

Aaron McLean
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Aaron McLean
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Ven 11 Jan - 14:54
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You're my despair, my greatest sorrow
Je la vois. Cette lueur d’espoir. Elle brille doucement. Son éclat se tarit au fur et à mesure que j’avance dans les ténèbres, mais elle est encore et toujours présente. Depuis le début, sa chaleur est l’unique raison de ma détermination. Depuis sa mort, c’est la seule façon que j’ai trouvée de réparer l’injustice. Je ne peux décemment pas laisser le commun des mortels prendre les rennes de ce monde. Regardez ce qu’ils ont fait de la Terre ! Un lieu sordide où les âmes se perdent, stagnent et se maudissent entre elles. Il me faut gouverner. Il faut à l’humanité entière un nouvel oasis, un nouvel endroit d’où repartir à zéro. Un lieu où les lois ne seraient pas abrogées par une minorité et construites en défaveur de la majorité. Et, si moi, Aaron McLean, je dois me sacrifier pour le bien commun, devenir la bête noire d’une génération toute entière d’opprimés, alors qu’il en soit ainsi. Je m’y suis préparé depuis longtemps et rien, je dis bien rien, ne se mettra en travers de mon chemin.
Je le créerai pour toi maman. Ce monde, ce sera le tien.



Je gravis les marches unes à unes. Je prends mon temps. Inutile de se presser, de toute façon, je pense que les épreuves qui m’attendent à l’intérieur même de ce temple sont sans commune mesure avec ce que j’ai connu jusqu’à maintenant. Impmon m’a confié qu’un labyrinthe composait le palais d’Eru. J’ignore encore comment s’est possible qu’une construction si manufacturée puisse avoir résisté au ravage du temps alors que sa façade est pour le moins en piteux état. Ça et là, j’aperçois ce que j’identifie comme des lianes sauvages émerger des crevasses béantes qui parsèment la roche. Les marches elles-mêmes sont à moitié détruites et je dois faire attention à ne pas tomber à chaque pas. Auparavant, cet endroit devait être resplendissant. Les restes d’architecture en sont un témoignage flagrant, tant les statues qui ornent l’entrée plus haut sont de belles factures. Elles représentent des monstres – tout du moins c’est ce que j’en déduis – sur lesquels je n’ai aucune connaissance. Sûrement des sortes de divinités antiques et bienveillantes pour les digimons. Pour un passionné de l’art comme moi, c’est une réjouissance que de voir qu’un si beau monument puisse se cacher à l’intérieur d’une forêt. Sur Terre, les vestiges résistent peu aux aléas du temps et au passage de l’Homme. Ici, bien que la nature ait repris ses droits, elle n’en demeure pas moins respectueuse du temple. Les deux paraissent s’être mélangées, dans une parfaite fusion de verdure et de pierre.

Chacun de mes pas me paraît plus lourd que le précédent. Je mets cela principalement sur le poids de l’excitation. Je m’en vais à la rencontre d’un être quasiment divin après tout. Sur Terre, je serai passé pour un dégénéré. Ici, après avoir rencontré un être capable de glacer un homme ou encore d’ériger de véritables murs de flammes, rien qu’à la force de son esprit, je ne suis plus étonné de rien. Arrivé sur la dernière marche, mon corps me paraît peser mille tonnes. Pourtant, je prends mon courage à demain et j’atteins enfin le seuil d’entrée du temple. Je lâche un soupir libérateur tout en me retournant pour admirer la vue. Je ne suis toujours pas au-dessus de la cime des arbres, ce qui m’empêche d’observer convenablement le paysage, mais ce perchoir me fait voir la forêt sous un nouvel angle. La végétation est magnifique ici. Des teintes de couleurs qu’on ne peut observer chez nous se battent en duel pour préserver l’harmonie parfaite de la nature. Il y résonne un calme assourdissant, presque pesant. D’après Impmon, ce monde est peuplé de créatures toutes plus merveilleuses les unes que les autres. Je ne peux m’empêcher de m’impatienter de les rencontrer malgré moi. Pour en prendre le contrôle, oui, mais aussi pour les étudier. Comprendre leur mode de fonctionnement, de développement, leurs us et coutumes.

Une partie de mon adolescence, j’ai envisagé l’idée de devenir anthropologue. Là où la plupart des jeunes de mon âge souhaitaient devenir pompier ou idole, moi, je me passionnais pour les peuples et leur histoire. Mon père, dans son infinie bonté – ou tout simplement pour s’accorder un moment de répit loin de moi – m’avait payé un voyage en Inde lors de ma quinzième année. Outre l’aspect culturel important et le dépaysement auquel j’avais dû faire face, devant remettre en question chacun de mes fondements personnels, j’avais eu l’occasion de participer à une expédition au large de l’île de North Sentinel, sur le golfe du Bengale. Si cette île ne vous dit rien, elle est pourtant riche de merveilles et reconnue pour posséder la dernière tribu totalement coupée du monde moderne. Les Sentinelles sont un mystère pour tous les anthropologues en herbe. Pourquoi un peuple, n’ayant jamais eu de contact connus avec le monde extérieur, refuse catégoriquement celui-ci ? Si le contact avait été établi, cela serait compréhensible. Bref, outre un exposé que je pourrai vous faire à ce sujet, le plus important est que j’ai pu m’approcher des côtes de cette île. Et si, plus qu’un «Digimonde», nous étions encore sur la planète Terre ? Sur une île, comme celle de North Sentinelle, en la présence d’une espèce évoluée et encore méconnue des êtres humains ? Cela n’expliquait pas leur langage commun au notre ni la technologie qu’il possédait, mais peut-être m’approchais-je de la vérité ?

Je ne pouvais négliger aucune piste après tout. C’est avec cette conviction que je pénétrais donc dans le temps. L’éclairage y était très faible, mais, déjà, j’apercevais un enchevêtrement d’artères graveleuses, où paraissaient s’être perdues plus d’une vie. J’avançais donc à tâtons, espérant que, par miracle, je puisse tomber rapidement sur la sortie. Je n’avais après tout sur moi aucun vivre, aucun moyen de survivre. Ma seule barre chocolatée n’allait pas faire long feu et je souhaitais la garder avec moi, ignorant combien de temps j’allais passer avant de tomber sur de la nourriture comestible. Le vaste enclos dans lequel je me trouvais risquait de me donner du fil à retordre. J’ignore encore combien de temps j’y ai passé. Une heure ? Une demi-journée ? Une journée complète ? La notion du temps était bien trop disparate dans ce monde. Quoiqu’il en soit, j’y avais pénétré sans m’assurer de pouvoir retrouver mon chemin. Je n’avais aucun fil sur moi, du moins pas aussi long que celui de l’Ariane des légendes. Il ne me restait donc plus que la bonne vieille solution de marquer mon chemin à chaque embranchement. Pour cela, à l’aide de mon couteau, j’apposais une petite croix sur les parois que je franchissais. Étrangement, je ne vis aucun autre signe distinctif. Étais-je donc le seul à avoir pensé à cette idée ? Cela me paraissait bien trop improbable.

Mais, au bout d’un moment, et malgré le fait que je reconnaissais certains couloirs, je ne revis jamais mes traces. Quel était donc ce jeu sordide ? Désespéré de tourner en rond et de n’avoir plus aucun repère, je m’asseyais au sol, faisant glisser mon dos le long d’une paroi humide. Les boyaux de ce labyrinthe étaient si similaires entre eux qu’il aurait perdu le plus malin des rats. Affaibli, mes yeux ayant toujours du mal à s’habituer à la faible lumière, je pris ma tête entre mes mains. Ce fut là la première fois que j’eus envie de renoncer. Je me ressaisis vite cependant. Il m’était impossible de mourir ici. Pas avant d’avoir rencontré ce fameux dieu.

« Eru ! Eru, vous m’entendez ? Je viens demander à vous rencontrer ! Alors, s’il vous plaît, aidez-moi à venir jusqu’à vous !»

J’ignorais totalement si ma voix, bien que résonnant à travers la rangée de tunnels, réussirait à parvenir jusqu’à cette divinité. Pour autant, c’était là ma dernière solution. Je ne pouvais continuer à tourner à l’aveuglette. Si elle était si omnipotente que cela, elle allait sûrement pouvoir me guider jusqu’à elle, cette déesse.
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Dim 13 Jan - 11:23
You're my despair
Intrigue
Perdu dans ce labyrinthe, tu finis par craquer, et quoi de plus normal dans une telle situation. Tu appelles Eru, mais ce n’est pas elle qui se présente avec une torche à la main.

Sistermon Blanc
Bonjour jeune homme, bienvenue.

Ton digivice bip, des informations apparaissent sur l’écran.
Apparition entités passives
Sistermon Blanc
Level : Enfant
Type : Marionette
Attribut : Anti-virus
Taille : 1m50
Sistermon noir
Level : Enfant
Type : Marionette
Attribut : Virus
Taille : 1m60

Sistermon Blanc t’adresse un sourire, avant de se tourner vers la pénombre derrière elle.  

Sistermon Blanc
Soeurette nous avons à nouveau de la visite.

Alors apparaît Sistermon Noir qui s’avance vers la lumière, elle te regarde mais avec un air légèrement inquiète, elle semble voir la détresse sur ton visage.

Sistermon Noir
Tu as de la chance qu’on t’es trouvé, tu aurais pu errer dans ces couloirs très longtemps !

Elle lâche un petit rire pas bien méchant avant que les deux Sistermons te tournent le dos

Sistermon Noir
Suis-nous, nous allons te guider jusqu’à Dame Eru.

Sans te laisser vraiment le choix elles finissent par te guider à travers ces couloirs qu’elles connaissent visiblement par coeur. Jusqu’à finalement arriver dans une grande salle donc les murs et le sol sont jonchés d’écran dont beaucoup sont éteints, et de ce qu’il semble être des câbles électriques. Au centre, une jeune femme est assise sur ce qui ressemble à une grande chaise de bureau. Lorsqu’elle remarque ta présence, elle se lève, tandis que les Sistermon viennent se placer à ses côté. La jeune femme te fixe, le visage inexpressif, son regard semble pouvoir lire en toi.

Eru
Bienvenue à toi, humain. La raison de ta présence ici doit être similaire à celle de tes semblables, n’ait crainte, je vais t’éclairer.


Tu as toute son attention.
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Aaron McLean
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Dim 13 Jan - 12:27
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You're my despair, my greatest sorrow
Je marchais à la suite des deux créatures les plus semblables à des humains que j’ai vus aujourd’hui. Comme il paraissait que cela soit son utilité, le petit appareil électronique bleu avait brillé dans ma poche, m’indiquant le nom, la taille, le niveau et le type de digimon que j’avais en face de moi. Des digimon de niveau «enfants» apparemment – bien que j’en ignore la réelle signification – et aux doux noms de Sistermon Blanc et Sistermon Noir.

D’après la façon dont elles s’appelaient entre elles, elles devaient être sœurs. Après un très court échange, elles m’avaient tourné le dos et cela faisait maintenant un moment que je les suivais. Elles avaient une apparence étrange. À mi-chemin entre l’humain et la créature, bien que le seul attrait significatif que je puisse remarquer chez eux fût un espèce de voilage – blanc pour l’une, noir pour l’autre – qu’elles revêtaient comme un habit de cérémonie. Cependant, cet accoutrement paraissait également faire partie de leur corps. Ces digimon, aussi étrange qu’ils puissent être, adoptés des formes différentes les uns des autres. Comme des sous-espèces dans l’espèce générale. On retrouvait cela sur Terre aussi. Nous, les humains, étions associés à la catégorie des mammifères. Mais nos ressemblances avec les dauphins par exemple – pour prendre un autre mammifère au hasard – étaient assez restreintes. Je ne pouvais tirer de conclusions hâtives sans une étude plus approfondie du phénomène, mais ça devait être sensiblement la même chose dans le Digimonde.

Je portais toujours l’œuf dans mes bras. Au demeurant, sa chaleur avait augmenté depuis mon premier contact avec lui. Après tout, cela devait bien faire plus de deux heures que je le portais sans faillir, aussi devait-il emmagasiner un peu de ma chaleur corporelle ? Je le fixais tout en marchant calmement et silencieusement derrière les deux digimon. Il était bien plus gros qu’un œuf de poule. Je n’avais aucune idée de ce qu’il pouvait contenir, mais je comptais bien sur cette fameuse Eru pour m’apporter des réponses.

Les Sistermon paraissaient connaître l’endroit comme leur poche. Elles ne doutaient jamais à un embranchement, se contentant d’un accord muet pour décider de la voie à suivre. J’atteignais des boyaux du labyrinthe dans lesquels je n’avais encore jamais mis pied. Sans leur aide, je pense que j’aurai fini par périr, en quête du chemin vers l’être omnipotent. Ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes – ou plusieurs heures, qui sait ? - que nous atteignirent une vaste salle. Toute d’écran bâti, pour la plupart éteint, l’endroit dégageait une certaine sérénité, l’effet que ça vous fait lorsque vous rentrez dans une église. Contrairement aux autres parties du temple, celle-ci était bien éclairée et je dus un temps plisser les yeux pour me ré-habituer à la lumière. Une lumière qui ne semblait pas naturelle mais si similaire à celle que dégage un écran d’ordinateur. L’artificiel, dans toute sa splendeur.

Au centre de la pièce, assise sur une chaise de bureau, se trouvait une jeune femme. Ses cheveux étaient d’un rouge doux et volubile. Elle ne respirait aucune émotion, aucune quelconque empathie. Son visage, bien que doux, paraissait aussi figé que du marbre. À notre entrée, la femme se leva. Aussitôt, les Sistermon pressèrent le pas pour venir se positionner à ses côtés. Et moi, je me retrouvais là, debout face à ces trois entités, dans un face-à-face éloquent.

« Bienvenue à toi, humain. La raison de ta présence ici doit être similaire à celle de tes semblables, n’ait crainte, je vais t’éclairer. »

Similaire à celle de mes semblables ? Je n’étais donc pas le premier à fouler de mes pas cet endroit. J’aurai dû m’en douter, vu la manière dont les Sistermon n’avaient pas paru étonnées de mon appel et y avaient répondu avec hâte. Je regardais avec intensité la pseudo-divinité. Son simple regard paraissait pouvoir lire au plus profond de moi. Bien malgré moi, j’étais incapable de soutenir ses yeux. Je me sentais, à cet instant, quelqu’un de faible. Et je ne fus pas le seul à réagir à la présence de l’être. L’œuf entre mes bras, lui aussi, avait gagné en chaleur. Il semblait maintenant comme agité de soubresauts.

« Vous êtes donc la fameuse Eru ? J’aurai bien besoin de quelques explications, en effet. C’est quoi ce monde ? Et ces «digimon» ? Et ce truc – je sortais l’appareil bleu de ma poche – qu’il y avait avec cet œuf ? Enfin, c’est quoi tout c’bordel ? »

Impertinent, tel était le ton que j’avais décidé d’aborder face à la déesse. Je n’avais aucune envie, avant d’avoir mes réponses, de me dévoiler. J’en connaissais encore bien trop peu pour tenter quelque chose.  


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Dim 13 Jan - 13:08
You're my despair
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Les sistermons semblent mal réagir aux tons que tu emploies, fronçant les yeux, mais Eru reste impassible et réponds calmement à chacune de tes interrogations, comme promis.


Eru
Tu es dans le digimonde. un monde parallèle au vôtre. Autrefois, ce monde et le tien étaient très éloignés l'un de l'autre. Cependant l'avancée de la technologie et notamment de l'informatique ont soudainement rapproché ces deux mondes jusqu'à ce qu'ils entrent se percutent, provoquant d'importantes distorsions dans lesquelles tu as été emporté.

La divinité te laisse digérer l’information quelques instants jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole.

Eru
Les digimons sont les habitants de ce monde. Ce que tu as dans la main, c’est un digivice. Pour vous aider à survivre dans ce monde, je vous en ai confié un, ainsi que le digitama que tu tiens dans la main.

Sistermon Noir
Le digitama contient un digimon.

Sistermon Blanc
 Il sera là pour te protéger.

Encore un petit temps de chargement pour emmagasiner ce flot d’information avant d’attaquer le coeur de ta question.

Eru
Lorsque nos mondes se sont percutés, une brèche s’est créé. Malheureusement une grande partie de mes pouvoirs se sont évanouie alors que je tentais de maintenir la brèche, les données de notre monde ont commencé à se corrompre, l'endroit ou je résidais auparavant est à présent scellé car il contenait le coeur de la brèche. A présent je suis contrainte de rester en ces lieux, afin de maintenir le peu d'équilibre qu'il reste sur ce monde.

La déesse a fini son explication. Peut-être as-tu d’autres questions ?
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Dim 13 Jan - 13:59
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Eru commence par m’expliquer ce monde. Selon elle, le Digimonde est en réalité un lieu parallèle à notre plan d’existence, les deux cohabitants depuis longtemps sans jamais se croiser. Seulement, la progression technologique du genre humain aurait créé des «brèches», des sortes de passerelles entre les deux mondes. Deux mondes qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Mes craintes étaient donc fondées. Bien que j’ai gardé l’infime espoir que nous puissions encore nous trouver sur la planète Terre, dans un endroit isolé et inexploré, Eru vient de me confirmer que ce n’est pas le cas. La divinité, pleine de grâces, me laisse le temps d’enregistrer l’information. Pour tout être normalement constitué, le discours de la déesse pourrai être cause de crise d’angoisse, voire de panique. Ce n’est pas mon cas. Mon cerveau est trop consensuel, beaucoup trop magnabile pour s’inquiéter d’un voyage dimensionnel.

Elle m’explique ensuite l’utilité de ce qu’elle appelle un «Digivice», le fameux objet bleu. Selon elle, en conjonction avec le digitama – l’œuf – il nous aidera à survivre dans ce monde. Les deux Sistermon ponctuent sa phrase, m’annonçant que le digimon qu’il contient est là pour me protéger. Un partenaire en quelque sorte. Je ne peux m’empêcher, malgré moi, de soupirer. De soulagement, principalement. Lorsque l’œuf éclorait, je ne serai donc plus seul. Et si je parvenais à élever la créature à ma guise, je pourrais en faire la parfaite arme de ma conquête. Un sourire mauvais se dessine sur mon visage, mais je ne le laisse transparaître que quelques instants.

Enfin, elle me parle de son rôle, à elle. Eru était apparemment une gardienne d’équilibre. Elle avait pour rôle de maintenir une certaine stabilité dans ce monde. Cependant, à l’apparition de la brèche, elle a dû sacrifier une partie de ses pouvoirs pour sceller la faille, bloquant au passage son ancien lieu de résidence. Cette information, je la garde en tête. Cela veut donc dire que la déesse est affaiblie ? Cette omnipotence, dont m’a parlé Impmon n’est donc plus qu’un lointain souvenir ? Gardant à l’esprit que je fais face à celle qui régit ce monde, je m’avance de quelques pas. Le digitama, entre mes bras, paraît réagir à la présence d’Eru. Une surcharge divine, peut-être ? Quoiqu’il en soit, il se met à briller. Avec une intensité que je ne lui connais pas, je pose l’œuf sur le sol et observe. Sa coquille se disloque et, aveuglé, je ferme quelques instants les yeux. Bientôt, ce n’est plus un œuf devant moi mais une créature étrange. Un être doré, mais d’un jaune terne. Son corps paraît fait d’un liquide étrange et ses yeux sont d’un rouge écarlate. J’observe un temps la créature. Mon digivice, puisque c’est le nom de l’objet, sonne et luit. Sur son cadran, je peux observer la silhouette du digimon, dont le nom est apparemment celui de Zurumon. Il est au niveau bébé, de ce que j’en lis.

J’ignore si j’arriverai à prendre la créature dans mes bras maintenant, son corps paraissant se disloquer tandis qu’elle avance vers moi. Elle ne parle pas mais émet des sons, semblables à des gazouillements. Je me baisse pour lui caresser la tête, mais je décide, pour l’instant, de me désintéresser de la bête. Celle-ci, sûrement docile, vient se mettre à mes pieds. Elle m’arrive tout juste à la hauteur de la cheville. Elle se frotte à ma jambe et je la laisse faire, impatient de continuer mon apprentissage de ce monde.

« Bon, voilà qui règle la question de l’œuf j’imagine. Mais j’ai encore une question : pourquoi nous avoir fait venir ici ? Vous devez bien avoir un but concret, sinon vous n’auriez pas pris le risque de faire venir une autre espèce, inconnue, parmi vous. »

Zurumon, entendant ma voix, réagit de plus belle et émet encore plus de bruits. Je m’agenouille pour lui caresser le dessus du crâne. Enfin, ce que j’imagine lui servir de crâne. La voilà donc. La voilà donc, l’arme de destruction qui m’emmènera au sommet. Elle ne paye pas de mine, mais si j’ai bien compris, elle va continuer de grandir, encore et encore. Je souris. Ce même sourire malsain. Ce même sourire sadique.

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Dim 13 Jan - 15:10
You're my despair
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Les deux Sistermons ne peuvent s’empêcher de sourire en voyant le bébé digimon naître. Eru, elle, reste neutre et semble surprise de ta question.

Eru
Je n’ai jamais souhaité que vous ne veniez ici. Comme je l’ai dit, vous êtes des victimes de la collision et j’ai fait de mon mieux pour ne pas vous laisser démunie dans le digimonde, malgré la réduction de mes pouvoirs.


Soudain, les écrans de télévision affichent des symboles.





Eru
Dans cette situation, je n'ai d'autres choix que de m'en remettre à vous, victimes de cette brèche. Je ne vous oblige à rien mais venir en aide à ce monde est indispensable si vous souhaitez rentrer chez vous. Si tel est votre choix, retrouver les gemmes, ils vous permettront d'entrer dans le Mont Infinis en étant protégé de la corruption, et me permettront également de retrouver mes pouvoir pour du moins essayer de limiter la brèche afin de la rendre plus bénine, ainsi que d'essayer guérir les données corrompues. Ainsi que trouver un équilibre entre nos deux mondes afin de limiter les dégâts autant ici que chez vous.

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Dim 13 Jan - 15:42
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Ainsi, notre venue ici n’était pas le fait d’Eru ? J’avais mal interprété sa précédente réponse donc : nous étions là simplement par le fait du destin, suite à l’apparition des brèches dans notre monde. Eru, elle, faisait apparemment tout pour rendre notre voyage plus « paisible». C’était pour cela qu’elle nous avait confié un digivice ainsi qu’un digitama. Tout le long de notre échange, Zurumon ne pouvait s’empêcher de me monter sur les chaussures, traînant dans mes pattes. J’avais une folle envie de balancer mon pied, afin de le faire dégager, mais je ne pouvais décemment pas m’y résoudre aussi, réfrénais-je cette pulsion.

Dans son infinie candeur, Eru, toujours sur ce ton monocorde qui allait si bien avec sa tête dénuée d’émotion, afficha – tout du moins, je pense que c’est de son fait – neuf symboles, qu’elle appela Gemmes. Selon elle, si nous souhaitions rentrer sur Terre et maintenir l’équilibre entre les deux mondes, il était important de retrouver ces pierres. Voilà donc, je comprenais mieux les enjeux présents ici. Eru, être omnipotent, souhaitait que les victimes des brèches, alliés à des digimon, retrouvent pour elle des gemmes afin de sauver les mondes. Une tâche d’autant plus ingrate qu’elle impliquait la mise en danger de nombreuses personnes. Comme toujours, les dirigeants restaient enfermés dans leur tour d’ivoire tandis que ceux du bas peuple devaient se mettre au-devant du danger.

Une injustice qui paraissait nécessaire cependant, tant Eru m’apparaissait enfermé dans une sorte de cercle vicieux, incapable de se libérer de sa prison, en quête de sauveurs capable de l’aider. Je n’allais pas être de ceux-là. Je ne pouvais décemment pas être de ceux qui rentreraient sur Terre. S’il y avait bien une chose que je n’avais pas envie de faire, c’était de revenir à Tokyo, ce lieu où je devais aujourd’hui être un ennemi public. Aussi, j’allais devoir m’imposer. Montrer à tous ceux qui souhaitaient accomplir la quête d’Eru qu’un homme, quelqu’un de leur espèce, s’opposait à leur retour. Ici, je pouvais être ce que je voulais, qui je voulais. Je pouvais devenir l’égal d’un dieu si l’envie m’en prenait. Un monde pour tout reprendre à zéro, sans avoir à m’inquiéter des conséquences. Je ne pouvais décemment pas laisser le monde à la merci des élus d’Eru. Non, j’allais devoir agir, et vite. M’opposer à cette chasse aux Gemmes et montrer ma domination ici.

« Merci, chère Eru, mais ce n’est pas une quête pour moi. Mes desseins sont autrement différents que ceux que vous avez pour nous. Je pense que nous nous recroiserons. »

Je tournais les talons, bien décidé à reprendre ma route. Cette entrevue m’avait énormément appris, notamment sur les tenants et aboutissants de ce voyage. Zurumon traînait toujours dans mes pieds et paraissait avoir du mal à suivre mon rythme effreiné. Mon pas était décidé, franc et assuré. Avant de franchir le palier de la porte de l’anti-chambre d’Eru, je me retournais une dernière fois, un sourire malsain au bord des lèvres.

« Oui, je suis sûr que nous nous reverrons, Votre Sainteté. »

Et, sur une dernière révérence prétentieuse, je sortais de la pièce, pleins de nouveaux idéaux et d’envies de conquêtes.

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_________________
Merci Zhu' pour la signature !

L'Empereur critique est dans la place:
 
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