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Abandon [Eru]

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Isao Hanamura
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Jeu 19 Avr - 21:12
Pourquoi rêver de solitude ? Les yeux débordent de larmes
Dans l’incompréhension / un choc / une hébétude


    Lorsque personne n’est venu me chercher au collège, ce soir-là, j’ai tout de suite su que c’était de la faute de Kazuo. C’était toujours lui. Même dans ces circonstances, alors que j’avais frôlé la mort, il n’y en avait que pour lui. Le tremblement de terre avait dû faire s’écrouler la gare et ma mère avait dû le conduire à la fac, ou quelque chose du genre…

J’attendais dans la cour, sans parvenir à croire à l’ampleur du désastre. On entendait des sirènes au loin. Il y avait des enfants qui pleuraient. Je n’ai pas dit un mot. Les professeurs essayaient de nous rassurer, mais au fur et à mesure que le soleil glissait de l’autre côté, le groupe que nous formions se resserrait pour se réduire à une poignée de personnes, et chaque parent serrant son fils contre lui semblait obscurcir mon cœur.

C’était forcément de la faute de Kazuo. C’était de sa faute, pas vrai ? Il ne pouvait pas y avoir d’autre raison pour que maman ne vienne pas à ma rencontre… Pour qu’elle ne réponde pas à mes appels sur son portable… Pas d’autre raison… Les lignes fixes ne fonctionnaient pas, et nous scrutions le portail d’entrée d'un regard morne et inexpressif. La haine que je ressentais pour mon demi-frère n’avait jamais été si forte. Pendant ces longues heures d’attente, elle fut tout ce qui me protégea de la peur. C’était forcément de sa faute. Cette colère puérile m’empêcha de sombrer, ce soir-là, de penser, d’imaginer la faille, d’imaginer ma mère.

Lorsqu’il ne resta plus que moi et le professeur, lorsqu’enfin elle parut, l’électricité était coupée dans la ville et aucun lampadaire n’éclairait son visage, alors je n’ai pas vu ses larmes, pas tout de suite. L’émotion m’a submergé. J’ai secoué la tête et je me suis effondré sur place, sanglotant de soulagement.

« Je suis désolée, Isao… Je suis tellement désolée… »

Pendant plusieurs minutes, je n’ai pas pu la lâcher. Le soulagement était si aigu qu’il me coupait le souffle. Je me fondais dans son étreinte, je pleurais comme un petit garçon. Cela dura longtemps, où elle embrassa mes cheveux, me berça, où nous ne fûmes plus qu’un à nouveau, tout au bonheur de ne pas s’être perdus pour toujours.

Et puis le calme revint, et un grand vide se fit en moi alors que je devinais.

C’était de la faute de Kazuo.





Jour 1 - Après-Midi

    Il nous fallut une demi-heure pour atteindre les ruines. Lauren était partie, me laissant avec le chat nain de jardin dont la queue se balançait quelque pas devant moi, hypnotique. Dans mon hébétude, je ne parlais guère, et je n’étais pas rassuré par la présence de cette étrange créature. J’avais du mal à l’admettre, mais il m’avait sauvé du premier monstre, et semblait vouloir me rendre service en me menant à « Eru ». Je me contentais de mettre un pas devant l’autre, évitant les racines et les branchages qui voulaient aggraver le désordre de ma coiffure, serrant fortement mon poignet là où un contact étranger avait souillé ma peau, jusqu’à laisser la marque de mes doigts.  

« J’te laisse ici, rentre dans les ruines, tu trouveras Eru. Et me regarde pas comme ça, faut vraiment qu’j’y aille, mais elle pourra t’aider ! »

Je fuyais son regard comme j’avais évité celui de Lauren lors de la séparation. J’avais honte d’avoir paniqué et perdu mon sang-froid, de m’être donné en spectacle. Je n’arrivais pas à réfléchir, je voulais juste que les causes de cette confusion disparaissent. Yeux baissés, je marmonnais un remerciement. Il disparut en quelques instants, avalé par la jungle.

Dès que je fus seul, je poussai un soupir de soulagement. J’étais perdu dans un lieu inconnu et hostile, mais j’avais besoin de solitude pour reprendre mes esprits. Devant moi se trouvait une construction ancienne envahie de végétation. Des restes de murs courraient à travers les fourrés, et je butais sur des pierres à demi ensevelies. Suivant ces fondations, je vis les arbres s’écarter et je débouchai sur une éclaircie dans leurs frondaisons serrées. Une lumière diffuse tombait du ciel bas sur une sorte d'église antédiluvienne, aux proportions titanesques. De grands blocs de pierre blanche avaient résisté au temps et le temple dressait encore fièrement ses colonnes et ses dômes, malgré l’assaut des mousses et des lianes qui semblaient grouiller sur le roc. Le lourd parfum de pourriture de la forêt régnait ici comme ailleurs. De nombreux insectes aux ailes translucides s’envolèrent à mon passage, alors que je cherchais à m’abriter contre un mur. Il y avait quelque chose de réconfortant à trouver la trace d’une activité humaine, même si la construction de cet endroit datait au moins de plusieurs siècles.

Je m’étais accroupi, le dos solidement appuyé contre cette roche humide, et je pressais ma nuque contre la pierre, contre cette dureté rassurante et incontestablement réelle. Quelques larmes coulaient le long de mon nez. Ce n’était sans doute qu’un effet secondaire de ma crise de panique, une sorte de réaction physiologique : je m’étais réveillé au milieu d’une forêt, pour me faire attaquer par une plante tueuse d’hommes, secourir par un chat parlant, et malmener par une anglaise portant un masque à gaz. La détresse s’évacua ainsi, par cette faiblesse passagère, et je tachais d’oublier que j’avais donné à voir ma fragilité à des inconnus. J’avais peur, oui, et je m’en voulais d’avoir réagi comme un gamin. J’aurais dû me soucier de ce qui m’arrivait, de l’impossible univers dans lequel j’avais été transporté, mais c’était trop énorme encore pour que mon cerveau puisse l’assimiler. Le péril où je me trouvais, les risques de se faire attaquer par des créatures agressives, tous ces mystères… Non, tout ce que je parvenais à penser, c’était que je m’étais à nouveau couvert de ridicule. Je regardais l’état des manches de ma chemise, de mon jean, retirant des brindilles fichées dans le tissu, et de mes longs doigts, peignais mes cheveux. Il y avait quelques traces vertes sur mes coudes et mes avants bras, de la terre sous mes ongles, et mes paumes ainsi que mes genoux étaient égratignés. Ça piquait. Je me sentais toujours mal à l’aise, presque nauséeux. Je détestais ne pas être maître de mon apparence. Je brossais mes vêtements, grimaçant du frottement contre mes écorchures légères, et j’allais jusqu’à tirer ma chemise pour la remettre dans ses plis. Cela me procura un certain calme, même si j’avais tout de même une sale allure, après avoir été traîné sur le sol par le monstre. Je commençais à ronger mes ongles pour en chasser les particules de terre, postillonnant avec dégoût les minuscules gravillons qui craquaient sous mes dents.

Il faisait assez frais, comparé au temps dans mes souvenirs. On était en juin, la saison des pluies n’allait pas tarder, ce qui aurait pu expliquer ce ciel couvert et morne. Mais rien de ce que je voyais ne pouvait se raccorder à la végétation de l’île d’Honshu, ni même à Okinawa… Je repassais dans ma tête la créature à tête de tournesol, la bestiole blanche qui accompagnait la fille, le chat noir et ses gants, sa mine joviale et moqueuse…

Il nous a appelés Digimon…

J’avais d’abord pensé à un jeu vidéo, une sorte de simulateur virtuel ultra-réaliste, un univers de fantasy, mais je rêvassais encore. J’avais réagi comme si j’étais le lecteur d’un roman quelconque... La douleur et la peur s’étaient chargés de me réveiller. Même si je n’avais pas d’explications, je ne pouvais nier la réalité de mes sensations.

J’étais ici, maintenant.

Il n’y avait quasiment pas d’ombres, seule une pénombre diffuse sous les troncs entrelacés, les feuillages hérissés, les cascades de lichens. Tout était gonflé d’humidité et sentait la forêt après la pluie, mais un musc plus fort, des résines enivrantes, une terre noire presque visqueuse, des fleurs énormes embaumaient l’air de fragrances inconnus. La végétation se clairsemait jusqu’à la clairière où je me trouvais, formant des mottes d’herbes hautes et coupantes, puis des bottes de mousse moelleuses où je plongeais mes mocassins. J’étais vraiment là.



    La jungle ouvrait ses trouées de verdures devant moi comme des bouches béantes et je frissonnais. S’il y avait toute une faune inconnue comme cette plante carnivore, je n’étais pas en sécurité. J’étais exposé, dans cette clairière, et je ne savais pas ce qui pouvait être en train de m’observer. J’aurais dû pénétrer dans les ruines, mais je me sentais moralement épuisé, et une partie de moi voulait juste se rouler en boule et attendre que ça passe. En même temps, mon esprit réclamait une explication. Si quelque chose m’attaquait, je pourrais le voir venir, et quelques pas me permettraient de m’engouffrer dans le temple. J’avais besoin de cette pause. De penser.

Je passais mes mains sur mon visage, effaçant ce qu’il restait d’humidité. Mes épaules étaient tendues au point d’en être douloureuses, mon ventre noué, mais l’anxiété qui m’avait jusque-là court-circuité s’était en partie dissipée.

Une dimension est entrée en collision avec la nôtre. C’est ce qu’avait dit Lauren. Je ne voyais pas pourquoi elle m’aurait menti. Elle connaissait les jeux-vidéos dont j’avais parlé. Elle devait donc bien venir du même endroit que moi. C’était manifestement une geek, et même si je n’avais pas de moyen de le vérifier, il me semblait que l’équipe d’E-Sport dont elle m’avait parlé était connue, même au Japon. Je n’étais pas vraiment un fan de ce domaine mais ma meilleure amie si, et j’avais souvent regardé des vidéos pour lui faire plaisir.
Kiyou… Ça me manquait de squatter chez elle, me rouler dans les coussins de sa mezzanine en râlant parce qu’elle me battait à Mario Cart.
Elle n’allait pas me croire quand je lui raconterai ça ! J’étais même sûr qu’elle serait un peu jalouse… si j’arrivais à la revoir un jour.  

Je poussai une petite exclamation à ma propre stupidité et je fouillais mes poches pour en retirer mon téléphone portable. L’écran, par chance, n’avait pas été fendu dans ma chute, mais il s’était éteint. Je le rallumais, pour constater, avec une mince déception, que j’étais hors réseau. Alors un mouvement inhabituel des pixels attira mon attention. C’était l’heure. Les signes digitaux n’arrêtaient pas de changer.

Quoi ?... J’affichai aussitôt la date, et ma stupéfaction s’accrut : apparemment l’année avait désormais 99 mois de 99 jours… Je me mordillai la lèvre, marmonnant pour moi-même. C’était presque plus bizarre que le reste, de voir cet objet familier, cette interface intuitive, contaminée par l’absurdité de ce qui m’entourait.

« C’est pas possible… »

Je n’avais pas de connexion internet, alors qu’est-ce qui pouvait dérégler l’horloge comme ça ? Normalement, on ne pouvait que la régler sur satellite, ou l’entrer manuellement. J’essayais de rentrer dans les paramètres pour inscrire, au hasard, 15h, mais dès que j’eus fermé le menu, les petits chiffres recommencèrent à sauter de manière incohérente. Les fixer me donnait mal au crâne, alors je levai les yeux vers le ciel trop lumineux. Le plafond nuageux ne faisait pas mine de se disperser. Si les cumulus s’étaient écartés à cet instant pour révéler un ciel rose bonbon, je crois que je n’aurais pas été plus étonné à ce stade. C’était comme si quelque chose interférait directement avec l’OS. Peut-être qu’on avait piraté mon téléphone ou installé quelque chose dessus pendant que j’étais inconscient. Ça me mettait mal à l’aise, la technologie qui se dérègle. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Ju-On. J’avais mal dormi pendant une semaine après cette soirée d’Halloween où mon amie Kiyou avait voulu me montrer sa collection de films de fantômes.

Ça pourrait être une influence paranormale, au point où on en est…

Je me mis à réfléchir rapidement. Bien que je sois capable d’échafauder toutes sortes d’hypothèses plus saugrenues les unes que les autres, le plus simple restait que Lauren dise la vérité. Les digimon, le dérèglement de la technologie, mon trou de mémoire, tout s’expliquerait parce que je n’étais plus dans mon monde natal. Et le seul moyen d’en apprendre davantage était de rencontrer ce fameux « Eru ». Je ne me rappelais plus tout ce qui avait été dit pendant que je m’énervais, mais ça avait l’air d’être quelqu’un de très important et puissant dans ce monde.

Je fis un rapide inventaire de mes poches : quelques objets sans importance, l’étrange appareil qu’elle avait appelé Digivice et un cutter que je me bénis de toujours garder sur moi. En le tripotant pour me rassurer, je me redressais et me dirigeais vers les ruines.



    Je montais les marches d’un escalier si larges qu’elles paraissaient des gradins. Certaines pierres étaient descellées et je prenais garde à ne pas trébucher. Alors que j’approchais l’écrasante masse du bâtiment antique, le malaise revint me tarauder. Ce lieu était beau mais intimidant, nimbé d’une sorte de tristesse dans sa majesté déchue. Je pensais que c’était un genre de temple ou de tombeau, mais je ne pouvais pas identifier quelle religion ou civilisation l’avait construit. Les statues figuraient des êtres aussi étranges que ceux que j’avais rencontré ; certains auraient pu être des yokai ou des dieux. Je touchais du bout des doigts un bas-relief, couvert de poussière, et frottais avec agacement ma main sur mon pantalon. Pourquoi n’avais-je pas pris de mouchoir ? Je n’avais rien pour faire du camping, pas même ma brosse à dents, et même, pas de slip de rechange ! Comment j’allais faire pour survivre ?!

Je me sentais de plus en plus mal au fur et à mesure que je m’enfonçais dans ces lieux manifestement déserts. Mes pas résonnaient sur les dalles et les ouvertures, hautes et étroites, s’avéraient avares de lumière. Tout cela pouvait-être un piège. Rien ne me disait que Blacktailmon et Lauren n’étaient pas de mèche pour me livrer à une entité mangeuse d’homme du nom d’Eru. Une vingtaine de mètres après l’entrée, je ralentis, puis m’arrêtais tout à fait. Plusieurs couloirs s’ouvraient devant moi, tandis qu’une alcôve offrait la possibilité de descendre une volée de marches. En regardant bien le sol, je distinguais des traces de passage dans la poussière. Je n’aimais pas ça. On aurait dit un labyrinthe. Le chemin le plus emprunté me sembla le plus sûr, et pour ne pas risquer de me perdre, je cherchais dans mes poches quelque objet dont je puisse me séparer. J’avais mon deck de cartes Pokemon. Ça me faisait mal au cœur, mais je me jurais de les ramasser au retour. Je pris le temps de choisir une carte sans grande valeur et la déposais en évidence contre la paroi, avant de m’engager dans le couloir ainsi désigné.

Les fenêtres étaient plus éloignées les unes des autres et le plafond plus bas. Je me sentais oppressé. Un mauvais pressentiment. Pourquoi est-ce que je réagissais encore comme un gamin effrayé du moindre bruit ? Pourquoi j’avais l’impression que les glissements de mon ombre, qui tournait autour de moi à chaque fois que je passais devant une ouverture, étaient des intrus que j'apercevais du coin du regard ? Mes mains se mirent à trembler nerveusement. Sans que je comprenne mes propres réactions, je m’arrêtais face à une fente du mur, épiant l’extérieur pour qu’un peu de lumière tombe sur mon visage et me permette de respirer. Tout ce que je pouvais voir était oblitéré par le vert luxuriant.

Je croyais que je me sentirais mieux une fois débarrassé du digimon et de la fille reloue, mais j’aurais soudain aimé qu’elle soit près de moi pour me rassurer. D’habitude, je voulais qu’on me laisse tranquille. J’aimais être seul, non ? Alors pourquoi un tel sentiment d’isolement, mêlé de culpabilité ? Je crispais mes doigts sur le rebord de la fenêtre et étouffais un gémissement.

« Bordel… »

A nouveau, des larmes se mirent à ruisseler sur mes joues, sans que je puisse les arrêter. J’étais seul au monde, seul, seul dans un endroit dangereux et hostile. Même quand j’avais eu des amis, des proches, je n’avais pas su ouvrir mon cœur, j’avais toujours été séparé, différent. Et désormais j’étais transporté dans un univers complètement inconnu où je n’avais pas ma place. J’avais le sentiment d’une faute, d’un abandon, je connaissais cette sensation, sans savoir d’où elle venait. Oui, j’avais déjà ressenti cela.

J’avais fait quelque chose d’horrible. Je ne me rappelais pas quoi, la tristesse dévorait mon cœur, et je ne parvenais pas à m’arrêter de pleurer.

Loin de là, loin de moi, un piaillement déchirant résonnait dans la forêt…

Je ne pouvais pas me laisser aller comme ça. J’avais beau me sentir mal, grelottant, presque fiévreux, je pris sur moi pour affronter l’obscurité et refouler mes jérémiades au fin fond de ma conscience. Pleurnicher n’avait jamais aidé personne, pas plus qu’attendre qu’on vienne nous aider. J’allais me débrouiller seul, comme je l’avais toujours fait, en ne devant rien à personne. Quoi, j’avais le blues, je chialais parce que je me sentais… Tch, fallait grandir un peu. Si jamais quelqu’un de ma classe m’avait vu…

Je serrai les poings, secouant la tête. On n’a pas le droit d’être faible.

Sois un homme, un peu.

Je ne sais pas pourquoi, mais l’image de mon père flasha dans ma tête et je poussais un grognement. Je repris la marche, d’un pas trop volontaire. Une petite voix ne voulait pas se taire et prétendait que quelque chose n’allait pas. Je l’écrabouillais comme un vulgaire moustique.

Après plusieurs embranchements, craignant de n’arriver nulle part, je finis par appeler :

« Il y a quelqu’un ? Je suis à la recherche d’Eru... »

Dans ma poche, j’agrippais la coque de mon cutter. Y avait-il âme qui vive dans cet immense mausolée ?




  • Isao fait le point sur sa situation à l'entrée des ruines.
  • Il commence à explorer le bâtiment, et utilise des cartes Pokemon façon Petit Poucet pour retrouver son chemin au retour.
  • Il se sent progressivement de plus en plus mal et craque à nouveau nerveusement, ressentant un intense solitude et une impression d'abandon. Il ne le sait pas, mais son Digimon vient d'éclore.
  • Repoussant cette sensiblerie, il poursuit sa route et appelle, expliquant qu'il cherche Eru. Il a la main dans sa poche, sur son cutter.
  • Isao a fait tomber son Digitama dans le rp précédent, et bouleversé par tout ce qui s'est passé, ça lui est sorti de l'esprit.

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Sam 21 Avr - 19:48
Abandon
Intrigue
Perdu dans ce labyrinthe, tu finis par craquer, et quoi de plus normal dans une telle situation, tu ne souhaites que rentrer chez toi, retrouver ta famille, comme beaucoup d’entre vous. A la différence que toi tu n’es encore qu’un enfant. Soudain, comme une lueur d’espoir parmis les ténèbres, une voix douce et féminine s’adresse à toi.

Sistermon Blanc
Bonjour jeune homme, bienvenue.

Ton digivice bip, des informations apparaissent sur l’écran.
Apparition entités passives
Sistermon Blanc
Level : Enfant
Type : Marionette
Attribut : Anti-virus
Taille : 1m50
Sistermon noir
Level : Enfant
Type : Marionette
Attribut : Virus
Taille : 1m60

Mais tu ne vois qu’une des deux dans la faible lueur de la torche qui éclair ce couloir, Sistermon Blanc, elle t’adresse un sourire, avant de se tourner vers la pénombre derrière elle.  

Sistermon Blanc
Soeurette nous avons à nouveau de la visite.

Alors apparaît Sistermon Noir qui s’avance vers la lumière, elle te regarde mais avec un air légèrement inquiète, elle semble voir la détresse sur ton visage.

Sistermon Noir
Est-ce que ça va ?

Elle te détaille, sa soeur limite, elles commencent à remarquer que quelque chose ne va pas, ou plutôt qu’il manque quelque chose chez toi. Elles se regardent, avant de reposer les yeux sur toi, jusqu’à ce que la blanche finisse par te demander.

Sistermon Blanc
... Où est ton partenaire jeune humain ?

L’incompréhension se lit sur leur visage, mais la noir t’adresse alors un léger sourire, se voulant rassurante et prendre gentiment une de tes mains libres.

Sistermon Noir
Suis-nous, nous allons te guider jusqu’à Dame Eru.

Sans te laisser vraiment le choix elles finissent par te guider à travers ces couloirs qu’elles connaissent visiblement par coeur. Jusqu’à finalement arriver dans une grande salle donc les murs et le sol sont jonchés d’écran dont beaucoup sont éteints, et de ce qu’il semble être des câbles électriques. Au centre, une jeune femme est assise sur ce qui ressemble à une grande chaise de bureau. Lorsqu’elle remarque ta présence, elle se lève, tandis que la Sistermon libère finalement sa main, et se recule d’un pas derrière toi, en adressant un hochement de tête à la jeune femme, qui te fixe, le visage inexpressif, son regard semble pouvoir lire en toi.
Eru
Bienvenue à toi, humain. La raison de ta présence ici doit être similaire à celle de tes semblables, n’ait crainte, je vais t’éclairer.

Mais elle aussi, finit par remarquer que quelque chose ne va pas, ses sourcils se froncent l’espace d’un instant. Elle finit par s’adresser aux gardiennes.

Eru
... Où est son compagnon ?

Les Sistermon se jettent un regard un peu inquiet entre-elles, avant de s’adresser à nouveau à Eru, la blanche lève ses avants bras dans un haussement d’épaules, tandis que la noire hoche négativement la tête. Mais Eru reste calme, elle reste impassible, mais plonge intensément son regard dans le tien, visiblement à la recherche d’une réponse de ta part.
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Isao Hanamura
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Mar 1 Mai - 2:09
Alors que j'avançais dans les couloirs étroits, je demeurais aveuglé d'avoir trop fixé la clarté extérieure par la fenêtre et la danse changeante des flammes, qui faisait tournoyer des ombres tout autour, ne suffisait pas à chasser les ténèbres des multiples alcôves, des coins et recoins, elle rendait le noir plus poisseux encore. Je me mordillais la lèvre, essuyant mes yeux, quelqu'un allait-il répondre à mon appel ? Ou bien allais-je me perdre à jamais dans ce bâtiment antédiluvien ?

Le digivice émit un son et je tressaillis, m'en saisissant de mes doigts crispés pour voir ce qui apparaissait sur l'écran qui éclaira mon visage d'une froide lumière. Je déglutis en me décalant d'un même mouvement lorsque je vis apparaître deux silhouettes qui semblaient être des enfants en costume, que j'aurais prises pour des humaines... Mais si elles étaient sur ma machine, elles étaient sans doute des habitantes de ce lieu mystérieux. Après tout, Lauren n'avait pas fait réagir l'appareil, pour autant que j'ai pu le remarquer. Je n'avais pas fini de lire leur nom, que j'entendis le froissement d'un vêtement et un pas léger : une petite silhouette, qui faisait une tête de moins que moi, sortit de l'obscurité comme un pâle fantôme flottant.
Sa voix était douce et rassurante, quoi qu'un peu trop adulte pour correspondre à son apparence et à son timbre. Je frissonnais et fixais mes yeux encore brouillés sur son petit visage mignonnet, englouti par une cascade de cheveux blancs et une sorte de cape dont la capuche ressemblait à la tête d'un animal entre le lapin et le mochi qui accompagnait la geek. Des sortes d'ailes pendaient de chaque côté, formant la cape, et je n'arrivais pas à déterminer si c'était un déguisement adorable ou la dépouille d'un vrai animal - Digimon. Elle portait en dessous une robe blanche brodée de croix d'or, un peu trop splendide pour ce vieux temple décati, et ses talons et ses cuisses découvertes avaient quelque chose de trop adulte pour un si jeune corps, tout comme ces yeux pâles et sans âges qui se levaient vers moi. Elle souriait. Je repris mon souffle, réalisant que j'avais cessé de respirer devant cette apparition. Elle ne tarda pas à interpeller une "soeur". Elle mentionna une nouvelle visite, et je notais que je n'étais pas le seul à prendre conseils dans ce temple. On m'avait sans doute bien renseigné en m'envoyant ici. Comme elle se retournait à demi, je suivis son regard pour voir quelque chose émerger des ténèbres.

On aurait dit son double, si elle n'avait pas été plus grande et entièrement vêtue de noir, comme le négatif de le blanche demoiselle. C'était donc l'aînée. Sistermon Black, Sistermon White, on ne pouvait faire plus explicite.
La soeur noire, donc, forma une moue inquiète lorsqu'elle m'eut dévisagé. Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais lorsqu'elle plongea son regard dans le mien et me demanda si j'allais bien, je sentis une bouffée de détresse remonter et je cillais rapidement pour éviter à mes yeux de s'humecter à nouveau.
"Je... je crois que je me suis perdu. Je ne... me sens pas très bien... Désolé..."
Nerveux, je plaquais ma main sur ma bouche. Ça ne me ressemblais pas d'admettre mes émotions et mes faiblesses, mais quelque chose dans sa compassion m'évoquait une forme de bienveillance que je n'avais connu qu'auprès de ma mère, et qui en cet instant, faisait déborder le vase. La désagréable sensation de bouillonnement qui circulait entre mon ventre et ma poitrine semblait se muer en crépitement, et mon souffle était court, oppressé. J'aurais voulu détourner les yeux, mais les deux globes d'argent qui lui servaient de pupilles m'avaient absorbé comme des Lunes, et me dévisageaient attentivement, jusqu'à ce que je me sente à nu. Il fallait que je parle pour mettre fin à cet examen embarrassant...
"Je cherche quelqu'un nommé Eru... Je cherche des réponses... Heu, je..."

Quelque chose n'allait pas. Les deux fillettes qui n'en étaient pas échangèrent un regard grave avant que la plus petite m'interroge. J'avais déjà pressenti ce malheur, mais à l'époque, je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il représentait. Je sentais juste un vide me ronger, une absence, comme quand on portait trois sacs, qu'on en a laissé un dans le bus et que quelque chose cloche, mais qu'on n'en a pas pris conscience parce qu'on en a encore un en bandoulière et l'autre dans la main. J'avais oublié quelque chose quelque part, et c'était quelque chose d'important. Pourtant, lorsqu'elle parla de partenaire, ça ne m'évoqua rien de précis. Ce mot, "partenaire"... Pour quelqu'un d'aussi solitaire que moi, il n'avait pas vraiment de sens.

"Si vous parlez de ce chat noir avec des gants, il était occupé, il n'a pas voulu rester, je n'y suis pour rien...! Et hem, la fille, elle est partie aussi..."

C'était vraiment énigmatique ! Est-ce qu'on était sensés rester ensemble ? Il fallait peut-être une recommandation pour rencontrer Eru ? Voyant ma nervosité, la jeune fille vêtue de noir me prit la main pour me guider.

Bien que le contact soit doux et aucunement forcé, je dû résister à l'envie de retirer ma main, cette familiarité ayant tendance à m'embarrasser. Je n'étais pas du genre tactile, ce n'était pas ma faute. Après quelques mètres pourtant, je fus bien content d'avoir cet ancrage pour me guider car nous avancions à toute vitesse, prenant tournant après tournant, et j'aurais vite été semé sans ces doigts fins qui entouraient les miens. Je lui jetais un regard en biais, essayant de voir si son chef était vivant, cousu ou empaillé. Avec le reflet des torches dans ses yeux, j'aurais juré l'avoir vu bouger.
"Cette Dame Eru, c'est une sorte de déesse ? Vous seriez des soeurs novices dans son temple ? Mais, il n'y a pas l'air d'y avoir beaucoup d'activité... Pour tout dire, j'ai cru que c'était à l'abandon..."

Comme nous marchions d'un pas vif depuis un moment, Sistermon Blanche, qui ouvrait le chemin, ralentit insensiblement, et je réalisais qu'on était sans doute arrivés. Je commençais à sentir ma main devenir moite et je voulais la libérer de l'emprise de l'aînée. Je ne pouvais m'empêcher de me poser de nombreuses questions, comme de savoir s'il s'agissait de vraies soeurs ou si c'était un simple titre, comme dans les églises des chrétiens. Mais la plus urgente me brûlait les lèvres, et je bafouillais avec une urgence sensible dans la voix, la rendant désagréablement aigüe :
"Ah, attendez, est-ce qu'il y a un protocole ?"

Trop tard. Nous entrions déjà dans la salle qui... n'était pas du tout comme je m'y attendais. Rien à voir avec un temple ou avec une cathédrale décorée de grands vitraux. Ma main était libre. J'hésitais, puis me penchais pour retirer mes chaussures et les laisser à l'entrée. Ce n'étais probablement pas la coutume ici, mais c'était une réflexe inscrit en moi depuis mon plus jeune âge, et même si le sol était sale, j'étais supposément dans la demeure d'un Dieu. J'avançais. Il y avait des fils, des câbles qui couraient sur le sol et les murs, et reliaient entre eux un amalgame d'écrans comme les multiples yeux d'une araignée qui aurait dormi sous la pièce. Excepté qu'une majorité étaient éteints. Au centre, trônant au milieu des appareils, une silhouette humaine fit tourner son siège de bureau pour nous faire face, puis se redressa sans hâte. Il n'y avait pas de torches, pas d'autre lumière que le froid éclat des écrans. Alors que je m'approchais pour être à portée de voix, d'un pas mesuré que j'espérais pas trop tremblant, j'essayais de voir ce qui figurait sur ceux qui étaient toujours allumés. Je ne distinguais aucune unité centrale, et je n'aurais pas su dire s'il s'agissait d'ordinateurs, de téléviseurs, d'un système de surveillance... A la recherche d'indices, j'écarquillais les yeux pour distinguer la configuration des lieux. Y avait-il un bureau derrière l'entité qu'on m'avait décrite comme toute-puissante ? Un clavier ? Ou bien était-elle enfermée là, au milieu de tous ces yeux crevés, cherchant des images d'un salut possible parmi les visions qui demeuraient accessibles ? Je ne comprenais pas, je n'en savais pas assez, mais je voulais apprendre.

Je me retrouvais seul face à une jeune femme habillée simplement, dont les cheveux bruns arrivaient dans le dos. Elle prononça quelques paroles de bienvenue. De toutes les choses que j'avais vues depuis mon réveil, elle était la moins extraordinaire. Néanmoins, je ne me laissais pas déconcerter : l'attitude de tous les êtres rencontrés jusqu'alors me prouvait que c'était quelqu'un d'important, et je savais comment me comporter avec les gens importants. Je m'inclinais le plus bas que je le pouvais et je m'exprimais dans un Japonais très formel.
"Dame Eru, je vous prie d'excuser mon manque de bienséance, et le temps que je pourrais coûter à votre très haute personne par l'impolitesse de mes questions. Je n'aurais pas osé vous déranger si je n'avais pas été dans un besoin critique. Un habitant de votre pays, ainsi qu'une... humaine, m'ont recommandé de vous rendre visite..."
Ce n'est qu'après avoir finit mon introduction que je me redressais. Elle m'avais appelé humain, ce qui sous-entendait qu'elle n'en était pas une. Pourtant, rien ne la distinguait de moi ou de Lauren. Le cœur battant, je réfléchissais à ma requête. Si c'était belle et bien une déesse, il fallait que je fasse vite. Elle avait surement autre chose à faire que s'occuper d'un mortel, même si elle était bienveillante.

Cette situation était totalement barrée.

"Voilà quelques heures que je me suis réveillé ici, et on m'a raconté que mon monde, et le vôtre, seraient rentrés en collision. Auriez-vous l'obligeance de me confirmer, ou d'infirmer cette affirmation ?"

J'avais bien d'autres questions, mais il fallait déjà que je vois clair sur ce point. Seulement, Eru m'avait observé pendant ce temps et son visage se troubla, apparemment contrarié. Je déglutis. Est-ce que j'avais fais une gaffe ? C'est aux deux soeurs, et non à moi, que s'adressèrent les paroles suivantes :
"... où est son compagnon ?"
Je n'osais pas regarder en arrière pour vérifier la réaction des Sistermon. Visiblement, c'était à moi de trouver un réponse. Eru attendait, et je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il fallait répondre. Alors que jusque là j'avais réussi à contrôler parfaitement mon attitude, parlant d'un ton posé et poli, faisant des gestes mesurés et élégants, je sentis ma nervosité prête à déborder et je me tendis pour rester maître de moi. Tout savoir sur la cérémonie du thé n'allait pas me tirer de là.

"Veuillez m'excuser si j'ai commis une erreur, mais je n'ai pas de compagnon. J'étais seul quand je suis revenu à moi, une jeune fille nommée Lauren m'a découvert, après quoi..."
Je repassais les événements dans ma tête au fil de mon énoncé, et un détail me revint en mémoire, un détail qui n'en était pas un. Je pâlis. L’œuf. Je tenais un gros œuf blanc, quand on s'était fait attaquer. J'avais failli me faire dévorer par cette chose et ses lianes, ou Amida savait quoi. Et après... je ne l'avais plus. Il se trouvait à côté de moi, lors de mon arrivée, tout comme cet appareil nommé Digivice. Quelqu'un l'avait-il déposé là volontairement ? J'étais sensé le garder ?

"Nous avons été attaqués par une créature hostile qui m'a, hem, malmené... Je crois que je portais un œuf que j'avais découvert, et je, heu, je crois que je l'ai perdu... C'était... important ?"
Oh là là, j'étais pitoyable. Mais bon, si jamais cette fille avait des pouvoirs, je n'avais pas envie de me faire foudroyer sur place.




  • Isao répond à Sistermon Blanche et Noire mais ne comprend pas de quel compagnon elles parlent.
  • Ils leur pose quelques questions pendant le trajet.
  • Il essaye de distinguer ce qu'il y a sur les écrans, s'il repère des claviers ou des unités centrales, de la technologie qu'il reconnaîtrait.
  • Il s'adresse très poliment à Eru.
  • Il demande si son monde et celui d'Eru sont bien entrés en collision.
  • Lorsqu'il est à nouveau question d'un compagnon, il perd son calme et répond d'abord par son ignorance, avant de se souvenir de l’œuf, dont il évoque la perte à Eru, embarassé.
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Sam 5 Mai - 21:27
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Intrigue
Eru te fixe, son regard semble sonder ton âme, elle reste cependant inexpressive. Inutile d'essayer de deviner ce à quoi elle pense. Puis elle cligne les yeux un instant.
Eru
Inutile d'être aussi géné, tu n'es pas venue dans ce monde de ton plein gré, il est normal que tu viennes jusqu'à moi pour que je puisse répondre à tes interrogations.

Elle marque une pause avant de reprendre, tandis que les soeurs restent en retrait derrière toi, à l'écoute, elles semblent cependant apprécier le respect que tu montres envers leur maîtresse.

Eru
L'humaine que tu as rencontré t'as en effet bien renseigné. Mais laisse moi t'expliquer cela plus en détail. Autrefois, ce monde et le tien étaient très éloigné l'un de l'autre. Cependant l'avancée de la technologie et notamment de l'informatique ont soudainement rapproché ces deux mondes jusqu'à ce qu'ils entrent en collision, provoquant de grandes distorsions dans lesquelles vous avez été emportés. Les votres n'ont appris que bien trop tard la cause des anomalies engendrées, et bien que cela ait causé de gros dégâts dans le monde que nous connaissons, le Digimonde a lui aussi été lourdement touché.

Elle te laisse un instant digérer ce plein d'information. Avant de reprendre.

Eru
J'ai malheureusement perdu une grande partie de mes pouvoirs en tentant de maintenir la brèche, les données de notre monde ont commencé à se corrompre, j'ai donc du sceller la source, l'endroit ou je résidais avant et je suis à présent bloqué ici afin de maintenir le peu d'équilibre qui reste.

Des écrans s'allument soudainement, montrant à l'écran l'image de 9 gemmes.

Eru
C'est pourquoi, je n'ai d'autres choix que de m'en remettre à vous, victimes de cette brèche. M'aider est ce qui vous permettra également de rentrer chez vous. Retrouver ces gemmes, permettrons d'entrer dans le Mont Infinis en étant protégé de la corruption, et me permettrons également de retrouver mes pouvoir pour du moins essayer de mettre fin à tout cela. Trouver un équilibre entre nos deux mondes afin de limiter les dégâts.

Un autre écran s'allume et un œuf à côté d'un appareil semblable au votre apparaît alors.

Eru
Pour vous aider, je vous ai confié à chacun un digivice, ainsi qu'un Digimon, vos existences, et vos destins sont lié l'un à l'autre. C'est pourquoi n'ait crainte jeune humain, bien que vous soyez séparé pour l'instant, vous vous retrouverez, c'est une certitude. Si tu ignores qui il est, lui saura qui tu es.

Elle semble avoir terminé pour le moment. Attendant d'éventuelles questions de ta part.

Que fais-tu ?
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Isao Hanamura
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Lun 7 Mai - 11:41
Eru me répondit avec bienveillance et gravité, et à sa voix calme et posée, je compris peu à peu que je n'avais rien à craindre d'elle. Elle m'accueillait dans ce lieu de bonne grâce, et même, je soupçonnais peu à peu que ma venue à sa rencontre était planifiée. Certes, les indications de Lauren auraient pu me mettre la puce à l'oreille, mais au fur et à mesure que les explications se déroulaient, j'eus l'impression qu'il s'agissait d'un discours qu'elle avait récité plusieurs fois. La crainte immédiate que je ressentais d'être face à une entité hostile diminua et je me détendis légèrement, mais dans le même temps, ce que j'entendais me plongeait dans une consternation toujours plus profonde. Je fixais la déesse avec des yeux écarquillés, tentant de ne pas perdre une miette de ses propos, de comprendre ce qui était en jeu. Et ce que j'entendais ne me plaisait pas du tout.

Ce monde était, comme j'avais pu le voir au Digivice et à cette pièce, un endroit où la technologie semblait avancée. En même temps, les créatures nommées Digimon paraissaient, pour ce que j'en avais vu, assez primitives. Eru était la première que je rencontre à faire usage de machines, et je ne savais même pas si elle était elle-même un Digimon ou... autre chose. Qui avait créé ces machines alors, et pour quel usage ? Y avait-il ici des humains qui avaient vécu par le passé, pour construire ce temple, une race dont Eru serait la dernière représentante ?
J'avais l'intuition que quelque chose m'échappait, un élément qui, si je le comprenais, s'enclencherait de telle sorte que tout s'alignerait. J'étais écrasé par la responsabilité qui semblait échoir sur mes épaules, et abasourdi par le bordel dans lequel j'étais tombé.
"Si je comprends bien, vous me chargez d'une mission pour protéger... non, sauver ce monde de la destruction ?"
Je ne pus m'empêcher d'avoir un bref rire cynique en secouant la tête, comme pour me moquer de l'aspect dérisoire de mon rôle dans cette catastrophe. Si cette divinité embauchait des enfants pour faire son sale travail, elle était vraiment déchue bien bas. Il n'y a que dans les mangas et les films qu'un jeune ado est le candidat idéal pour devenir l'élu d'une quelconque prophétie.
Pour simplifier, elle avait perdu ses pouvoirs lors de la collision et elle sous-entendait qu'en les retrouvant, elle pourrait "nous" ramener dans notre monde d'origine. Qui étaient les autres ? Si Lauren et moi avions été aspirés par cette dimension, rien n'empêchait que d'autres soient dans le même cas... Dans ce cas, ils seraient sans doute plus à même à réaliser ce qu'elle demandait... Je ne ferais pas long feu dans ce monde hostile, même si je retrouvais le mystérieux compagnon auquel elle faisait allusion.
"Je m'excuse, je comprends bien que nos intérêts convergent mais qu'est-ce qui vous fait penser que je peux vous aider ? Dans les cinq minutes qui ont suivi mon arrivée ici, j'ai failli me faire dévorer par un monstre... La faune a l'air particulièrement hostile et vous semblez en sécurité ici, alors je serai peut-être plus utile à vous aider à monitorer... gérer... entretenir votre parc informatique ?"
Je grimaçais un sourire sans me faire trop d'illusion sur ma requête, sachant qu'elle avait fait surgir des images sur les écrans sans même claquer des doigts. Même si c'était le seul pouvoir qu'il lui restait, il fallait avouer que c'était plutôt badass.
"Je sais faire le ménage aussi. Je ne veux pas paraître impoli mais votre temple aurait besoin d'un peu d'entretien... qui sait, si je restaure les lieux, vous allez peut-être retrouver des pouvoirs ?"
Ca ne coûtait rien d'essayer. Je ne me faisais pas d'illusion : je n'avais pas l’étoffe d'un héros, et si j'avais le choix, je laisserai à d'autres l'honneur de risquer leur peau pour restaurer l'équilibre de la force ou sauver l'arbre mana ou que sais-je.
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Mer 16 Mai - 7:42
Abandon
Intrigue
Une réponse assez inhabituelle, mais pourtant compréhensible. Les écrans s'éteignent, tandis qu'elle te répond simplement.
Eru
Fais comme il te convient.

Répond-elle simplement, alors que les deux Sistermon, se jettent un regard dubitatif.

Eru
Je ne force personne à faire quoique ce soit. Je donne seulement les éléments qui vous permettront de rentrer chez vous.

Elle lance un regard aux Sistermon, la noire se contente simplement de hocher la tête, tandis que la blanche croise les bras, et s'adresse séchement à toi.  

Sistermon Blanc
Ne comptes pas sur nous pour veiller sur toi, c'est le rôle de ton partenaire perdu dans la nature, ni venir te chercher à chaque fois si tu te perds dans les Ruines. Nous ne sommes pas des gardiennes du Village Reboot.

La Sistermon Noir sourit aux mots de sa soeur. Visiblement ta présence ne les gènes pas foncièrement, mais rien ne change au fait que tu devras te débrouiller par toi-même.

Que fais-tu ?
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Isao Hanamura
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Ven 18 Mai - 21:30
Evidemment, ma stratégie de repli ne porta pas ses fruits. J'avais imaginé pouvoir rester à l'abri dans le temple pendant que d'autres braveraient le danger pour sauver le monde et me ramener chez moi... Mais ça impliquait de ne pas mourir de faim, et de ne pas me perdre à jamais dans ce labyrinthe. Mon plan ne tenait pas debout sans le soutien des Digimon soeurs, qui me regardaient désormais avec une certain mépris. Ça m'était égal, j'avais l'habitude. Je passais une main dans mes cheveux pour réfléchir, secouant la tête.
"D'accord, je suppose que ça n'apporterait rien à personne."

Ces choses étaient-elles seulement vivantes ? Chaque moment passé dans cette pièce sombre et morne me laissait une sensation curieuse au creux des reins, comme si ce lieu n'était pas entièrement réel, que ces entités n'avaient pas d'existence propre. Je ne les imaginais pas chasser pour se nourrir, il n'y avait ni cuisine, ni matelas pour dormir, rien du tout... Est-ce qu'elles avaient une chambre pour se reposer, ou bien restaient-elles indéfiniment dans ces lieux à patrouiller comme des sortes de robots ? Pas d'objets, aucun indice à part ces écrans, ces fils... J'aurais pu les suivre pour voir où ils menaient mais sans l'aide des deux vestales, je ne retrouverais jamais la lumière du jour. J'avais envie de sortir pour échapper à cette impression mortifère, c'était comme se retrouver dans des limbes, ou rien ne vit ni ne meurt vraiment. Je pressais mon coude pour sentir, au travers du tissu fin de ma chemise, les égratignures m'envoyer une pointe de douleur qui me prouvait que j'existais.

"Je peux vous poser quelques questions ? Vous dites que les données de ce monde sont corrompues. Qu'est-ce que vous entendez par là ? Ce n'est pas un lieu réel ?"

Je repensais à ma première intuition quand je m'étais réveillé et que Lauren m'avait agressé avec ses explications bancales. J'avais prétendu qu'il s'agissait d'un personnage de jeu, d'une IA, et que tout ce qui nous entourait était faux. Je m'étais trompé, elle était réelle... Mais le reste ? Ce "digivice", ces "digimon", et ces catégories... Je baissais les yeux sur mon appareil, où je pouvais encore voir la fiche des deux jeunes filles. Virus et Anti-Virus. Ca ne collait pas du tout à ce que j'imaginais d'un monde parallèle, un univers qui aurait divergé du nôtre, ou alors si en amont que tout le fonctionnement était différent. Et ça n'avait aucun sens, car dans ce cas, les règles mêmes de la physique auraient divergé, vivre aurait été impossible pour moi, l'absence de logique m'aurait rendu fou, ou victime d'abominations eldritchéennes... Non, c'était trop familier, et trop différent à la fois. Je n'étais pas dans un monde où les Russes avaient gagné contre le Japon, ou bien où les dinosaures domineraient le monde. Il y avait de la technologie, mais la seule humaine que j'avais rencontrée venait de chez moi. Autant ne pas y aller par quatre chemins et poser la question directement.

"C'est comme... un programme informatique ?"

Ça expliquerait l'altération de mon téléphone. Je ne comprenais pas bien comment ça serait possible, mais il y avait trop d'éléments concordants pour que je les délaisse encore, même si ça me dépassait. Tous les mots qu'on m'avait asséné depuis tout à l'heure renvoyaient au digital, et à ce que je savais des programmes informatiques. Maman, je suis tombé dans l'ordi. J'avais envie de rire tellement c'était absurde.
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Sam 19 Mai - 11:39
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Intrigue
La sistermon blanc fait la moue tandis que la noir t'adresse un sourire gêné. Quant à Eru elle écoute tes questions, elle semble presque sourire au ton de sa voix, sous ce masque d’indifférence.
Eru
Tu sembles bien plus curieux que tes congénères, intéressant.

Puis reprenant un ton plus sérieux, elle te regarde droit dans les yeux.

Eru
C'est effectivement ce à quoi cela ressemble, quelque chose auquel tu peux comparer ou faire lien. Quant à la corruption... Vois cela comme une nécrose et une mutation nocive. Cependant détrompes-toi. Nous existons réellement, et nous existions bien avant vous d'ailleurs.

A nouveau elle t'explique ce qu'il en est.

Eru
C'est justement lorsque vous avez commencez à développer une technologie semblable à notre monde, que nous nous sommes rapproché. Jusqu'à ce que finalement vous créiez quelque chose de suffisamment proche pour que nos mondes se percutent.

Aller plus loin serait peut-être trop compliqué, elle semble avoir terminé, mais te laisse tout de même le champ libre.

Eru
D'autres questions ?

Que fais-tu ?
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Isao Hanamura
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Sam 26 Mai - 15:04
Je haussais les épaules lorsqu'Eru remarqua ma curiosité, l'air de dire que ce n'étais pas grand chose.
"Je ne peux pas résoudre un problème que je ne comprends pas."
C'était à cause de ce genre d'attitude que je m'étais fait harceler en classe ; mon intelligence allait de soi, et même si je prétendais ne pas prendre les autres de haut, je ne cessais de montrer l'écart entre eux et moi par mon comportement. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on vous fait un compliment, vous devez réagir en vous rabaissant, faire preuve d'humilité. J'ai mis longtemps à comprendre ce comportement social : je me contentais de faire des raisonnements logiques, ce n'était pas de ma faute si les autres agissaient stupidement. Et de même qu'eux me trouvaient insupportablement hautain, j'étais agacé par leur manque total de discernement. J'étais encore un gamin : je croyais pouvoir me débrouiller seul, et j'estimais plus simple d'éviter purement et simplement les autres.

Les réponses que m'offrit Eru me plongèrent dans un abyme de réflexions. C'était très différent de tout ce que j'aurais pu imaginer, et ça remettait en question toutes mes certitudes sur le fonctionnement de l'univers. Je veux dire, celles qui n'avaient pas sauté au moment où je m'étais réveillé dans un autre monde. Les idées fusaient dans ma tête comme des éclairs, suscitant des cascades d'images et de sensations, de possibilités. Il fallait mettre ça en suspens et y réfléchir au calme, mais s'il existait un monde technologique antérieur au nôtre...
Les écrans n'avaient rien d'extraordinaire, même s'ils n'avaient pas de bouton marche arrêt, ce n'étaient ni des hologrammes ni un prodige digne d'un film de science fiction. Cet endroit s'était développé selon une logique digitale, et par coïncidence, notre monde avait mis au point une technologie similaire, rentrée en interférence... Pour les hommes, la technologie est une création humaine, l'informatique une abstraction, une machine virtuelle. Mais si on existait nous-même à l'intérieur d'un programme, trop complexe pour qu'on puisse le percevoir et le décoder ? A la Renaissance, les savants utilisaient la métaphore d'une partition de musique et imaginaient la Création comme une symphonie... Et si Dieu avait écrit l'univers comme un logiciel ?

Je ne pouvais pas rester à méditer sur ce sujet, j'y réfléchirai plus tard, au calme, si ma vie retrouvait un calme qui pour l'heure n'avait rien d'assuré. La déesse me demanda si j'avais d'autres questions, ce à quoi j'hochai du chef. Les profs savent que j'ai toujours des questions.
"Est-ce qu'il y a d'autres humains que Lauren et moi qui sont apparus dans ce monde ? Elle n'avait pas l'air surprise de me rencontrer, donc j'en ai déduit que je n'étais pas la première personne qu'elle croisait, mais avec elle, je sais pas trop..."
C'est vrai quoi, elle était bizarre cette fille. Peut-être que pour une vraie geek comme elle, se retrouver plongé dans cette aventure était un rêve devenu réalité. Pour moi ça ressemblait plus à un cauchemar. J'espérais que nous n'étions pas seuls, sans quoi nos chances de réussir tenaient du miracle. Au moment où elle m'avait conduit au temple, j'étais en état de choc, et j'avais détesté son comportement, mais maintenant je regrettais qu'elle soit partie. L'idée de devoir retourner dans la forêt me noua le ventre. J'allais bientôt être congédié. J'allais me retrouver seul. Je pris une grande inspiration, essayant de capter le regard d'Eru. L'angoisse pouvait sûrement se lire dans mes yeux, comme un appel au secours que je n'osais pas formuler.

"Ecoutez, tout à l'heure, il y a un Digimon qui m'a attaqué, vraiment... Si le chat n'était pas venu par hasard..."
Je secouais la tête.
"Vous avez conscience qu'on peut mourir, pas vrai ? Si d'autres créatures sont comme ça... Si elles m'attaquent... Je vais essayer de trouver l'oeuf, je vais faire mon possible, mais..."

J'avais essayé de me donner un air bravache et de parler comme si je savais ce que je faisais. Poser des questions tant que je pouvais, réunir des informations, c'était un moyen de retarder le moment de me retrouver dehors, de me retrouver seul. Je m'entendais parler comme un écho, un décalage. Mon corps me paraissais lointain, mes jambes cotonneuses. Je ne voulais pas y retourner. Comment j'allais pouvoir mettre la main sur un œuf dans cette forêt touffue ? Je ne me rappelais même pas le chemin qu'on avait pris !
Mes mains tremblaient, je les rangeais dans mon dos, mes mains longues et fines de musicien aux ongles noircis de terre.
"Pour les gemmes... Comment je saurai comment les trouver ? Je ne suis pas... Je suis juste en quatrième, vous savez... Je suis pas sûr de pouvoir y arriver..."

Je me mordillais la lèvre, partagé entre mon désir de bien présenter, de faire adulte, et un écrasant sentiment de vulnérabilité. Je ne sais pas à quoi je m'étais attendu en pénétrant dans ce temple. Sans doute à une main secourable, à un visage bienveillant comme celui d'Eru, qui me dirait que tout irait bien. J'espérais peut-être que quelqu'un viendrait me sauver, ou au moins m'offrirait un plan bien conçu et crédible. A l'école, tout est toujours cadré, on suit le programme, les instructions, et les gens qui vous disent ce qui est le mieux pour votre éducation. Ça avait tendance à m'énerver, moi qui réclamait des responsabilités, qu'on cesse de me prendre pour un gamin. Mais à ce moment, j'ai réalisé ce que c'était de ne pas avoir d'adultes pour veiller sur soi, de société avec des règles pour régir notre vie, d'être seul face à l'inconnu. Et je n'étais qu'un enfant, et toute mon intelligence ne pourrait pas m'empêcher de mourir de faim, de dyssentrie ou de l'attaque brutale d'un monstre.



Suite des questions. Je compte clore sauf rebondissement, mais j'aimerais pouvoir faire une dernière réponse pour conclure après le post d'Eru. Merci ! :3
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Lun 28 Mai - 12:26
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A ta question, Eru hoche la tête et acquiesce, elle semble légèrement plisser les yeux.

Eru
En effet un bon nombre d'humains se sont retrouvés happé par la faille, mais seuls quelques uns ont réussit à atterrir ici en vie. Autant te dire que oui, je suis bien consciente de la fragilité de votre espèce. C'est bien pour ça que je vous ait confier à chacun un Digimon, bien qu'il parait faible pour le moment, il deviendra plus fort et sera capable de te protéger et il le fera, car il est né pour ça.

Elle s'asseoit alors sur son siège, croisant les jambes, posant ses mains sur son genou.

Eru
Qu'attends-tu de moi au juste ? Que je t'envoie au village reboot pour que l'on s'occupe de toi comme pour un bébé digimon tout juste sortit de l'oeuf ? Tu es bien trop vieux pour cela, surtout au vu de ta capacité de raisonnement, tu sembles bien plus apte à survivre ici que tu ne le penses, certes ce monde est dangereux, mais comme chaque monde, le tiens n'est pas une utopie non plus que je sache, la différence c'est que ce monde t'es inconnu. Mais si tu veux survivre en attendant de rentrer chez toi, tu seras bien obligé d'apprendre à le connaitre, et à t'adapter.

Sans attendre elle poursuit, sur un même ton morne et inexpressif.

Eru
Ce que je peux te conseiller, c'est de partir à la recherche de tes congénères également, cela pourra apaiser un minimum tes craintes et ils seront plus amené à te comprendre que moi. Vous pouvez également demander de l'aide aux Digimon de l'Ile, tu as pu constater qu'ils ne sont pas tous des brutes, ils ont simplement chacun leur petit caractère.

Que fais-tu ?
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Isao Hanamura
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Mar 29 Mai - 21:12
L'entité que j'avais face à moi ne semblait ni réellement frustrée par mes paroles, ni éprouver une grande compassion à mon égard. Je réalisais seulement qu'elle n'était bel et bien pas humaine. C'est avec une certaine sévérité distante qu'elle me répondit, m'apprenant, malgré son ton légèrement désapprobateur, de nouvelles informations.
Ainsi, de nombreux humains étaient passés par la Faille. Et une majorité était morts. Je frissonnais à cette nouvelle macabre. J'étais, à mon insu, passé à travers un massacre. Par quel miracle avais-je voyagé d'un monde à l'autre ? Combien ne s'en étaient pas tirés... Je ne préférais pas le savoir. Sans doute cette déesse avait sauvé ceux qu'elle avait pu, et comptait maintenant sur eux. Il n'y avait pas d'autre choix.

Le Digimon était le don qu'elle nous faisait pour nous sauver. Selon sa promesse, il deviendrait puissant.

Elle s'assit sur le siège qui faisait office de trône, à la fois attentive et froide. J'entrelaçais mes doigts et les serrait en entendant son sermon. Quelque part, derrière le ton acerbe, c'était une forme d'encouragement, qui disait que je pouvais survivre, que j'avais pour atout mon intelligence. J'avais toujours cru, non sans une certaine arrogance, que cette capacité me donnait un avantage sur les autres, mais elle me semblait bien dérisoire dans ces circonstances. Ce qu'elle m'envoyait à la face, c'était qu'ici personne ne me ferait de cadeaux sous prétexte de mon âge, de ma faiblesse ou de quoi que ce soit d'autre. Je ne pouvais m'en remettre qu'à moi-même et à mon Digimon. Elle n'était pas là pour me baby-sitter.

J'essayais néanmoins de me redresser et de faire front, alors que le rouge me montait aux joues. Dans le fond, elle m'expliquait simplement que ni moi, ni elle n'avions le choix. Pourtant, ses remontrances me dépitèrent profondément, car elles me renvoyaient l'image pitoyable d'un pleurnichard, d'un pleutre, que j'étais bien forcé d'admettre avoir endossée. Ses dernières paroles, conseils sages, prouvaient également qu'elle ne pouvait pas comprendre mes émotions. Je me demandais soudain si ce n'était pas elle, l'intelligence artificielle. Elle semblait déterminée à faire le bien, à nous protéger, et pourtant elle ne manifestait pas de réelle empathie. Ou alors je ne la méritais pas. Je restais debout un moment, sans trouver les mots pour répondre, tordant mes mains. Je sentais une forme de colère me remplir, une envie de lui montrer, à cette sorcière, que je n'étais pas lâche. Que je n'avais pas peur. Dans mon ventre le froid se répandait, et je pensais à mon père. Lui aussi ne voulait pas me baby-sitter, méprisait mes caprices et mes enfantillages, me renvoyait cette image d'indésirable. Une part de moi voulait lui prouver ma valeur, l'autre souhaitait juste le voir mourir. Si je disparaissait ici, bien, bien loin de chez moi, je savais que j'aurais enfin effacé la tache que je semblait représenter dans son existence. Cette perspective me répugnait. Memento mori. Je pense que j'étais juste réaliste, j'avais conscience du danger qui m'entourait, chaque moment passé dans cet endroit lui donnait une réalité plus profonde, et me convainquait de ma propre finitude. J'étais terrifié, car je n'avais jamais réellement contemplé la possibilité de ma propre mort. Alors ça m'énervait, son histoire de village Reboot, ma peur était humaine, ce qu'elle n'était pas. Finalement, je hochai la tête, et grimaçais un sourire. J'en savais assez, et je n'allais pas m'humilier davantage en demandant de l'aide. Le masque en guise de visage, je pris mon ton le plus respectueux, non dénué d'hypocrisie.

"Je vous remercie pour vos précieux conseils, Dame Eru. Je vais faire mon possible pour survivre, trouver d'autres humains et le Digimon que vous m'aviez confié."

Je m'inclinais profondément, puis demandais aux deux Sistermon si elles pouvaient m'aider à retrouver la sortie du temple. Je récupérais mes chaussures, et m'inclinais une dernière fois avant de quitter la pièce, jetant un ultime regard à la femme au regard vague qui régnait sur la myriade d'écrans, au sein du temple abandonné. J'oubliais complètement de ramasser les cartes Pokemon que j'avais semées à l'aller, et j'ignore d'ailleurs si nous repassâmes par le même chemin. Lorsque je débouchais dans le hall, je saluai poliment les deux guides, leur adressant un faible sourire.

Ma visite s'était révélée très fructueuse, et j'avais glané un grand nombre d'informations qui seraient décisives pour ma survie future. Mais je ressortis de ce labyrinthe la peur au ventre, car j'avais pris conscience de la situation où j'étais réellement, et elle me paraissait désespérée. Je n'étais pas du genre à me laisser crever, bien entendu. Je n'allais pas baisser les bras. Mais malgré ce qu'elle avait dit, mon monde me paraissait bien plus accueillant que celui-ci. Dans mon monde, j'avais une famille, des amis, un quotidien. Ici... il paraissait difficile de me faire une place, alors que je n'avais rien que les vêtements que je portais sur le dos, et un petit appareil bipant dans ma poche.

La nuit tombait. Je me blottis sur les grandes dalles du temple, dans le recoin d'un escalier abrité par les racines tombantes d'un arbre. Le lendemain, je partirai à la recherche du Digimon que j'avais commis l'erreur de perdre. Une erreur qui, si je ne la réparais pas, risquait de me coûter la vie.
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